Projet réalisé à l'école d'architecture de l'Université Laval à Québec
Master 1, semestre 7
Cadre ARC-6067 Pensée Critique, Pensée Créatrice
Enseignant référent : Ariane Ouellet-Pelletier
Projet Fictif
Cadre ARC-6067 Pensée Critique, Pensée Créatrice
Enseignant référent : Ariane Ouellet-Pelletier
Projet Fictif
Dans mon étude intitulée « Les hétérotopies liminales », je propose d'explorer l'architecture non pas comme un simple décor neutre, mais comme un véritable dispositif social qui façonne activement nos comportements et notre relation au monde. En croisant le concept d'hétérotopie de Michel Foucault, ces « espaces autres » aux règles d'ouverture et de fermeture spécifiques, avec la théorie de la liminalité, j'analyse ces lieux d'entre-deux comme des laboratoires de pratiques collectives où les normes ordinaires se suspendent. Je me concentre particulièrement sur le hall d'entrée, que je définis comme le seuil par excellence, une membrane à la fois spatiale et sensorielle qui filtre et codifie le passage du public à l'intime. À travers cette recherche, j'identifie plusieurs invariants qui structurent cette expérience : l'épaisseur du seuil qui modifie notre perception du temps (hétérochronie), les régimes de visibilité qui rappellent parfois le panoptique de Foucault en cadrant nos corps, et le rôle de médiateur social du hall où se jouent des micro rituels de voisinage ou d'attente. Je souligne également la dimension politique de ces espaces, capables de servir autant à l'inclusion qu'à l'exclusion sociale, ainsi que leur dimension sensible où la lumière, les sons et les textures engagent une expérience incarnée. Mon travail vise ainsi à transformer le regard sur ces « non-lieux » fonctionnels pour les révéler comme des matrices révélatrices de notre vie sociale, oscillant sans cesse entre l'idéal de l'utopie et les contraintes du contrôle.